Chronique d'une expo avortée !

 

Comédie-dramatique en trois actes.

TROISIEME ACTE.

Lundi 15 septembre huit heures trente, rebelote je reprends la route direction Tours ! Voulant rajouter l'hypocrisie à la bêtise et l'inconscience, elle vient pour me faire la bise. Que j'ai vivement refusé ! Après avoir chargé toutes mes toiles dans la voiture, comme une furie elle se jette vers moi en criant "ne partez pas sans me signer le bon de retrait" puis une fois dans la galerie, je lui fais, du moins j'essaye, de lui faire comprendre qu'elle ne peut jouer avec les personnes comme elle l'a fait et que je lui demande le remboursement des frais de route; ce qui me semble être un minimum. Et la voilà qui se met à crier et se paye une crise d'hystérie comme je n'en avais jamais vue. Elle me menace d'appeler la police car je refuse de signer son bon de retrait tant que ma demande de remboursement de frais n'est pas règlée. Mais je n'étais pas au bout de mes surprises, sa folie se révélait de minute en minute. Elle va jusqu'à nous enfermer dans la galerie de peur que je parte comme un voleur avec mes propres toiles... La police arrive, elle avoue son impuissance devant un litige commercial.

Amis et collègues peintres, je voudrai amicalement vous mettre en garde si, comme moi, vous recevez un appel téléphonique d'Aurore de Tyssandier d'Escous. En effet cette jeune "galériste" qui fonctionne comme elle aime le dire et redire "au coup de coeur", devrait parfois fonctionner aussi avec sa raison. Mais là, sans doute serait-ce trop lui demander...

Je vais vous conter les mésaventures qui me sont arrivées dans un espace temps des plus courts !

PREMIER ACTE.

Elle me contacte un dimanche soir en me déclamant son profond désir d'exposer mes toiles dans sa galerie après avoir vu mon site internet, elle ne cessa les jours suivants par de multiples appels de me décider à accepter d'apporter mes toiles pour les accrocher avant son fabuleux vernissage, oh pardon, inauguration privée (C'est vrai que ça a plus de gueule) du 27 septembre ! Assez fier et flatté de voir mes oeuvres lui plaire, j'accepte donc de venir de Bordeaux à Tours samedi 13 septembre (j'aurai dû me méfier de ce chiffre) avec une trentaine de mes toiles. Mais là encore j'aurai dû me rappeler de ce que j'avais appris sur les bancs de l'école : tout flatteur vit aux dépens de celui qui l'écoute !

Une bien longue journée commençait après plus de trois heures de route... La jeune galériste semblait bien excitée devant mes toiles, les trouvant plus belles les unes que les autres, m'avouant à plusieurs reprises ne sachant lesquelles choisir...

DEUXIEME ACTE.

Le lendemain, dimanche 14 septembre, début d'après-midi coup de fil de la galériste... Et là, l'inimaginable se produit ! Mademoiselle m'annonce qu'elle ne veut plus travailler avec moi prétextant des coûts d'assurance qu'elle aurait mal considérés. Puis rajoutant une excuse à une autre excuse. Maintenant ce sont les prix des oeuvres qui lui semblent trop élevés, prix qu'elle a elle même fixé la veille. Je ne me souviens pas lui avoir mis le couteau sous la gorge pour l'obliger à écrire de sa main... Je pense que sans avoir fait d'étude de psychiatrie, je me pose beaucoup de question sur son état mental. Si c'est ainsi qu'elle pense réussir dans l'exploitation de sa galerie... Galerie, qui n' a à ce jour pas encore un trimestre d'existence... Permettez-moi d'avoir des doutes sur son avenir !

Que dire de plus, sinon que dommage...

L'expo aurait été belle... Enfin il me semble !

Je m'empresse de rire de tout de peur d'être obligé d'en pleurer, disait Beaumarchais.

je crois que c'est ce qui me reste de mieux à faire.

Une fois le choix des toiles acté, accrochage de celles-ci dans la bonne humeur.

Travail plus fatiguant qu'il n'en paraît. C'est donc assez tard en fin d'après-midi que nous passons au côté administratif.

La galériste rempli les bons de dépôt de chacune des oeuvres retenues puis nous convenons en commun "du prix net pour l'artiste".

Vingt heures trente, après avoir repris quelques photos et nous être félicités du travail accompli, nous reprenons la route vers Bordeaux, fatigués mais contents.

EPILOGUE.

Voyant que toute discussion était impossible, je finis par signer ce bon de retrait et je repris la route.

Caprice d'une enfant gâtée à qui pendant son enfance une bonne fessée n'aurait pas fait de mal, mademoiselle Aurore de Tyssandier d'Escous est à mes yeux une égocentrique croyant pouvoir disposer des gens comme il lui semble.